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Des armes du Moyen Age : mangonneau et trébuchet

Frédéric Elie, août 2007

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Parmi les armes de jet du Moyen Age, fort nombreuses, servant au siège et à l’attaque des forteresses et des cités, le mangonneau et le trébuchet figuraient comme les plus redoutables. Basés sur le principe du mouvement de rotation d’une poutre de bois, la verge, imprimé par le basculement d’un contrepoids, ces armes ne doivent pas être confondues avec les catapultes ou les balistes, lesquelles utilisaient l’énergie libérée par la tension élastique de ce que l’on pourrait comparer à un arc ou une arbalète géants. La verge entraîne une fronde libérant un projectile, un boulet, qui va parcourir une trajectoire parabolique d’assez grande portée (plusieurs centaines de mètres). Le mangonneau et le trébuchet sont de conception très voisine à ceci près que, pour le mangonneau, le contrepoids est fixe et bascule en même temps que la verge, tandis que dans le trébuchet, il est articulé à la verge de telle sorte que, lorsque celle-ci bascule, il conserve une position verticale ; ce dernier dispositif permet au trébuchet de projeter le boulet en minimisant les à-coups lors du mouvement de rotation de la verge.

Le présent article n’a pas vocation de présenter ces armes dans le détail ni d’un point de vue historique : à ces fins, je renvoie aux sites spécialisés, notamment celui http://medieval.mrugala.net ainsi que les travaux de Renaud Beffeyte. Notre article propose d’essayer de comprendre le fonctionnement de ces machines de guerre du seul point de vue de la Mécanique du Solide, donc en recourant à la modélisation mathématique du problème. A partir d’elle il est possible de prédire la portée de maquettes de ces engins (non reproduites ici) pour les amateurs désireux de joindre les plaisirs du calcul à ceux de l’art technique médiéval. D’ailleurs, on verra très vite que les modélisations mécaniques de ces engins aboutissent à des formules assez rebutantes et font appel à tous les principes fondamentaux de la Dynamique du Solide, ce qui offre déjà en soi une belle révision dans ce domaine. Pourtant les ingénieurs (« ensgeniors ») du Moyen-Age, période pas aussi obscure qu’on voudrait le laisser croire, parvenaient à concevoir ces engins sans pratiquement aucun calcul et à l’aide de la géométrie classique héritée des Grecs (Pythagore, Thalès…), et obtenaient des performances et des précisions qui nécessitent aujourd’hui l’aide de l’ordinateur pour être retrouvées… 



©Frédéric Élie, août 2007 - http://fred.elie.free.fr - page 1/2