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Spinoza, Schopenhauer, l'Optique et l'Éthique

Subjectivité vs Objectivité


Jean-François LAHAEYE, 15 juillet 2009

édité en septembre 2014

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L'auteur, Jean-François Lahaeye, toujours préoccupé par le problème de la dualité entre l'objectivité et la subjectivité, et son prolongement dans le domaine éthique, et celui de l'épistémologie de la physique, notamment quantique, soumet ici une réflexion sur l'antagonisme entre objectivité et subjectivité. Cette fois, il s'appuie sur l'énigme de la vision colorée pour illustrer ce débat: est-elle un processus objectif ou bien une interprétation subjective? Il développe les thèses de Goethe et de Schopenhauer qui défendent au XIXe siècle la conception subjective de la couleur, ainsi que celle, opposée, de Spinoza, défenseur du point de l'objectivisme. En matière d'éthique, les conséquences de ces deux approches ne sont pas neutres: d'après la première, on n'est pas loin d'une forme initialement « pessimiste », car marquée de scepticisme, du rapport entre l'homme et la nature, en particulier sur l'éthique, puis, finalement une forme que je qualifierais de « constructiviste » de celle-ci (de par sa nature subjective, l'éthique devient une construction humaine); d'après la seconde, l'éthique revêt un caractère « optimiste » car, comme tout ce qui fait l'objet du champ de la connaissance, relève d'une « loi naturelle » que l'entendement humain découvre progressivement et est indépendant de lui. A ce stade, une digression sur la pensée de Kant s'est avérée utile: sans rien nier de l'existence d'une réalité objective, le fondateur de l'idéalisme postule que l'esprit humain (on dirait aujourd'hui sa structure cognitive) ne peut saisir les choses en soi, comme étant indépendantes du sujet, de sorte que ce qui est perçu comme inintelligible, en définitive, procède du découpage arbitraire d'une réalité unique et ultime que l'esprit humain lui superpose. En faisant cela, Kant « sauve » le rationalisme objectiviste face au scepticisme de Hume, mais au prix d'un compromis qui consiste à faire perdre à l'esprit humain sa place privilégiée dans l'entendement de la nature.

Le lien avec la question épistémologique de la physique quantique, ouverte depuis le début du XXe siècle, arrive alors naturellement.

Au fond, dans cet article, Jean-François Lahaeye, synthétise de manière pédagogique et logique l'une des grandes questions de la philosophie: subjectivité ou objectivité de la connaissance, et donc des choix éthiques?

(présentation: Frédéric Élie, septembre 2014)


©Jean-François Lahaeyehttp://fred.elie.free.fr, septembre 2014